Voyage insolité...

...Ou comment j'ai séjourné dans une des villes les plus fermées du monde! Voici le récit d'un séjour entre prison, vie campagnarde et sous-marin nucléaire...
Jeudi 24 novembre 2005

Port Arthur, colline de la tour de communications

base sous-marine nucléaire depuis le port militaire

sur le port militaire

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
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Vendredi 4 novembre 2005

...(suite de l'article précédent, 16ème jour)

Il est 16h45...Mère a déjà préparé le dîner. Nous croisons Tonton en montant les escaliers...il a acheté 6 litres de bière pour 1er Beau-Frère. Tonton regarde ses dessins animés (des robots qui se transforment en train...) et ca hurle dans la pièce. 1er Beau-Frère chante, 1ère Soeur essaye de mettre l'ambiance tandis que Père reste couché, Mère geule pour que 1er Beau-Frère se taise (c'est des chansons paillardes...). Monsieur Li trempe déjà sa cuillière dans le bol d'huîtres (elles sont servies sans coquilles, versées dans un grand bol...). Je goûte à la soupe assez épaisse qui ressemble étonnement à la Polenta italienne. Mais 2ème Soeur reçoit un appel téléphonique qui la met dans tous ses états...Il semblerai que nous ayons oublié un rendez-vous... Une voiture nous attend près du vivarium.

JAMES BOND EST DE RETOUR...OPERATION SOUS-MARIN !

Monsieur Li n'a pas le temps de m'expliquer tout d'un coup, me demande seulement de m'habiller à la hâte. Nous nous précipitons dehors, dans la nuit avec 1er Beau-Frère qui téléphone avec son portable à tous ses employés cadres. Il est certains que tous répondront à son invitation...assurés qu'ils mangeront bien au restaurant, espérant -en critiquant les absents ou en déclarant leur grand amour pour leur patron et en l'approuvant- qu'ils décrocheront un autre poste ou une augmentation de salaire...

Nous laissons 1er Beau Frère devant un bon restaurant pour nous diriger vers la voiture. Un officier de la marine nous y attend en se curant méticuleusement le nez. Monsieur Li et moi monttons à l'arrière, 2ème Soeur à l'avant. Nous roulons dans la nuit noire, contournons le port militaire pour poursuivre sur une route peu fréquentée mais très bien entretenue où, à trois arrêts, l'officier montrera son laiser-passer. Dans la précipitation, je me félicite d'avoir pensé à l'appareil photo mais je sais très bien que je n'aurai pas l'occasion de m'en servir bien que je n'ai pas demandé la permission à la frontière Nord-coréenne (peut-être l'objet d'un autre blog?)...Cependant, le cd-rom qui m'a été offert (voir articles précédents) me permet déjà d'avoir une visite complète du site de la base de sous-marins nucléares où nous nous rendons...mais à ce moment, je ne sais pas encore les problèmes que de tels documents vont me poser à l'aéroport au retour...(voir dernier article!).

Nous entrons dans une espèce de parking protégé par des barbelés, tel que l'on peut le voir dans les séries américaines à la télé. Nous dépassons deux batiments puis la voiture s'arrête devant une simple porte blindée.

Derrière, c'est l'entrée à l'intérieur du rocher que l'on aperçoit depuis le centre-ville...

Un homme nous attend. Nous monttons sur un chairot qui ressemble axu petits trains à bagages de la SNCF sur les quais. Nous roulons dans un tunnel très bien éclairé. Il n'y a pas beaucoup d'activité à cette heure. Nous passons un sas qui peut être fermé par une lourde porte ronde, tel que l'on imagine les portes des gros coffres forts de banques. Nous arrivons ensuite sur une passerelle qui surplombe une immense salle, digne des films de James Bond avec, en contrebas, un sous-marin à quai. Il y a de la place pour deux autres sous-marins. Nous descendons un esaclier en fer qui mène sur le quai. Le sous-marin me semble pas si grand que cela...bon, il est certainement impressionant pour ceux qui s'interessent à ces engins. Pour moi, il ne présente rien d'exceptionnel. L'on me propose de monter sur le dessus mais je n'ai pas l'autorisation de me rendre à l'intérieur. Ces sous-marins sont préparés pour recevoir une arme nucléaire. C'est la particularité de cette base "secrète" qui fait que toute la ville où 4 habitants sur 10 sont militaires, est interdite. Comme cette zone ne peut être accessible qu'aux seuls militaires, le site est resté intacte, naturel et donc pas encore défiguré comme sa voisine Dalian. Nous entrons ensuite dans une petite salle de sécurité où des téléviseurs permettent de surveiller l'entré du site, la salle et les abords. Certains montrent les fonds marins puisque l'entrée de cette "grotte" du côté mer ne peut se faire que sous l'eau...De ce côté, la mer n'est pas gelée. La salle de contrôle, de gestion, de commandement n'est pas ici. Nous passons par la cantine occupée puisque c'est encore l'heure de dîner. Personne n semble étonné de me voir...alors même que moins de cinq civils blancs sont venus dans la ville depuis 1940, et aucun en ces lieux...mais ce sont des militaires! même à la cantine! Passons d'autres petites salles de repos avant d'emprunter couloir qui débouche sur l'entrée de départ. Nous sortons après une heure de promenade dans le rocher. La voiture nous dépose devant la maison. 1er Beau-frère n'est pas encore rentré. Tonton nous attendais pour rentrer avec ses parents. 1ère Soeur dort dans le lit de Monsieur Li qui va devoir partager le mien....

SUITE AU PROCHAIN ARTICLE! Photos en différé...

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
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Jeudi 3 novembre 2005

PREMIERE VISITE DE PORT ARTHUR...

6h45. Je reçois un coup de poing sur la tête. Je me réveille en sursaut et trouve monsieur Li dans mon lit ; il s'est retourné et m'a frappé dans son sommeil. Tonton est déjà debout et joue avec son avion fabriqué avec des pinces à linge.Bientôt la musique de la gymnastique du commissariat va retentir. Je me lève et ouvre le robinet d'eau chaude. Ce matin, je suis bien décidé à me laver. Pas d'eau chaude mais j'arrive tout de même à prendre une douche...froide. 7h00 2ème Soeur arrive avec son mari. Ce matin une voiture doit venir nous chercher mais on n'en sait pas plus. Le temps passe, dans une attente interminable. Je prends un café avec des gâteaux que 1ère Soeur a acheté : Monsieur Li lui a expliqué qu'à Paris l'on ne mange pas des pieds de porc tous les matins. 9h. On frappe trois coups secs à la porte. Un homme en uniforme, képi et gants noirs se présente et nous demande de le suivre. Nous descendons les escaliers et trouvons une grosse voiture noire digne d'un chef d'état aux vitres blindées et fumées garée devant l'immeuble, dans l'indifférence générale. 2ème Soeur monte devant, moi et 2ème Beau-frère derrière. Le chauffeur me demande si je veux aller à la poste pour envoyer des cartes postales. Nous nous y rendons : elle se trouve à peine à deux minutes. Curieusement, il semble que je sois attendu : deux militaires armés de mitraillettes m'accompagnent à l'intérieur de la poste et ils ne sont pas là par hasard. Je choisis mes enveloppes et cartes postales (beaucoup sont gardées en souvenir et non envoyées). Alors qu'il est interdit de photographier la ville, l'on m'autorise à choisir des enveloppes et cartes représentant la ville... J'écris à une table, les mitraillettes pointées sur moi...l'idéal pour se concentrer. Ce qui est incompréhensible, c'est que personne ne relis mon courrier ou contrôle ce que je fais. Mais après que l'employée, stressée par ma présence ai traité ma demande, le chauffeur lui donne des directives. A mon retour en France, je me suis rendu compte que toutes mes cartes sont arrivées à leur destinataire mais en plus en quatre jours seulement!

CAMPS RUSSE ET JAPONAIS

Nous sortons de la ville pour rejoindre les sommets des collines. Nous nous dirigeons vers le camp russe puis japonais utilisés lors de la seconde guerre mondiale. Axu barrières délimitant les camps, un garde se présente à la voiture. Le chauffeur lui montre son laissé-passé, pour que je puisse entrer. L'un des gardes se montre hostile et il faudra appeler un responsable militaire. Ces camps présentent surtout un interêt pour une belle promenade et une vue panoramique sur la région. Des canons pointés sur Port Arthur côté russe et un gros obus côté japonais en souvenir. Alors que côté japonais le chauffeur nous laisse visiter seuls, il nous précède pour le côté russe qui présente plus de curiosités puisqu'il reste encore des bâtiments. Il nous invite à franchir une chaîne interdisant l'accès au public, au-delà de l'ancien hôpital. De ce passage, l'on débouche sur d'impressionnantes salles souterraines qui, officiellement, n'existent pas. Elles sont vides mais en bon état. Après cette visite, nous nous arrêtons au musée historique. Une grande salle où est reconstituée une maquette de la ville, présente le déroulement de la bataille de Port Arthur. Cette salle n'accueille pas de visiteurs et je prends le risque de faire des photos. Au mur, des photographies de l'époque : bataille navale, canons, soldats...mais rien sur les civils.

VIVARIUM

Nous nous rendons près du Port militaire. Deux motos de la police nous précèdent. Nous nous arrêtons près d'un immense parking. Des instructions sont rapidement données. Sifflets, c'est la panique. Des gardes hurlent pour que les employés et visiteurs ne sortent pas dehors. La voiture s'arrête à l'entrée d'un grand bâtiment. Devant moi, un policier demande si le public a bien été évacué. Heureusement, il n'y a pas grand monde en semaine. Les hôtesses d'accueil -toujours nombreuses en Chine- ainsi que les caissières sont invitées assez brusquement à s'enfermer dans les bureaux. Tout cela se passe assez vite. Enfin, lorsque le bâtiment est entièrement déserté, l'on m'autorise à entrer. Je ne sais pas encore où je suis ! 2ème Soeur me dit que je peux visiter le centre. Je me souviens alors d'avoir dit à Monsieur Li d'une façon très anecdotique de vouloir visiter le vivarium... C'est l'un des plus important du monde. Dans un immense hangar, d'une hauteur de cinq étages, une colline sur laquelle sont éparpillés des centaines de serpents. Alors que nous nous faufilons le long des vitres, observant les espèces les plus rares aux plus venimeuses, le téléphone de 2ème Soeur sonne. C'est 1er Beau-frère, îvre, qui demande que nous rentrions parce qu'il a faim... Il est 16h30. Nous n'avons même pas déjeuné le midi...Et la visite doit s'interrompre. Les souhaits de 1er Beau-Frère, même îvre sont des ordres...La voiture nous dépose à la maison.

SUITE AU PROCHAIN ARTICLE... LES PHOTOS SONT AJOUTEES UN PEU PLUS TARD...

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
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Dimanche 23 octobre 2005

L'ancien hôpital japonais ouvrant sur d'immenses salles souterrains, officiellement inexistantes

Maquette avec une reconstitution de la bataille de Port Arthur

Port Arthur, vu depuis l'ancien camp japonais... en fond, la mer et la base sous-marine nucléaire.

 

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Jeudi 6 octobre 2005

Avant de poursuivre, de vous enmener dans Port Arthur, voici deux photos... La deuxième représente la famille Li... De haut en bas et de gauche à droite :

Deuxième Soeur, Première Soeur, Monsieur Li, Moi-même (inclus dans la famille tout de même !) Maman Li, Papa Li et...Tonton.

La première photo, Première Soeur nettoie des algues, fraîchement pêchées pour enlever le sable et petits cailloux. Elles constituent une des principales garnitures des raviolis.

n.b. si vous ne visualisez pas entièrement les photos, elles seront reproduites plus tard...

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
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