Voyage insolité...

...Ou comment j'ai séjourné dans une des villes les plus fermées du monde! Voici le récit d'un séjour entre prison, vie campagnarde et sous-marin nucléaire...
Samedi 1 octobre 2005

DE RETOUR A PORT ARTHUR... REPAS DECISIF : PRISON, LIBERTE OU EXPULSION...

Il est près de 17h et nous entrons en gare de Dalian. Le retour a été agréable puisque le train express, confortable, chauffé est arrivé rapidement. Nous faisons une halte à l'hôpital pour voir le père de 2ème Beau-frère. Là nous apprenons que le malade doit être opéré...mais une opération en Chine dépend des pots de vin versés! Si l'argent donné au chirurgien est ridicule, celui-ci est capable de rater l'opération. Puis nous prenons le tram (dont la particularité est d'être toujours conduit par une femme) pour prendre ensuite le taxi. Monsieur Li verse 100 yuans en plus pour que celuii-ci accepte de me conduire en zone interdite. Nous entrons chez Monsieur Li à 19h. Pas le temps de nous changer ou de nous reposer, tout juste le temps de saluer les parents et Tonton. 2ème Beau-frère nous conduit en voiture. Nous sommes au centre de la ville, près du port militaire, au bord de la mer gelée. Nous entrons dans le restaurant. 2ème Soeur devant moi (son mari nous attend dans la voiture), Monsieur Li derrière. A peine entré, je sens une tension. L'hôtesse nous conduit directement à l'étage. Une grande salle comprenant un coin salon avec de grands canapés où il est impossible de se relever sans effort, un coin repas avec une table traditionnelle et un coin cuisine. 2ème Soeur est nerveuse et me fait un topo de la soirée.

LES INVITES...

Nous dînons ce soir avec l'un des plus hauts gradés politique de la région, un commandant de l'armée de Terre, de la Marine, le responsable de l'office du tourisme de Port Arthur, du tourisme de Dalian (l'une des villes les plus importantes de Chine bénéficiant d'un statut particulier comme Hong Kong et dont Port Arthur dépend), un responsable de la municipalité de Port Arthur. 2ème Soeur me fait comprendre que selon l'humeur de ces personnes, je risque l'expulsion immédiate, la prison ou, au mieux, d'avoir quelques autorisations. Elle profitera aussi de ce repas pour parler de son frère (Monsieur Li) car sans appuis, il ne peut faire grand chose en revenant ici après ses études à Paris. Je réalise que je vais offrir des cadeaux à 1euro, ridicules, à des gens importants et riches... Je me sens de plus en plus mal à l'aide. 2ème Soeur qui est à l'origine de ce repas, commence à nous dire où se placer. Mais déjà, du bruit annonce l'arrivée des invités. Le restaurant a été fermé pour la circonstance. L'armée de Terre, le chef politique arrivent en premier. A quelques minutes d'intervales, ce sont les autres qui arrivent. Je suis surpris que ces gens très occupés arrivent presque à l'heure, presque tous en même temps. Aucune parade, en toute simplicité nous sommes présentés. Nous passons tout de suite à table. Les conversations commencent sans préambule. Nous parlons de Monsieur Li. C'est une chance pour lui de rencontrer ces gens. Le représentant de la municipalité après quelques minutes lui suggère de le contacter à son retour. Plusieurs personnes apportent les plats. Je constate que deux-trois personnes attendent dans le couloir : téléphone portable, malette... ils accompagnent nos hôtes. Puis je suis présenté. Je n'ai que peu l'occasion de parler. 2ème Soeur leur dit que je m'interesse beaucoup à l'histoire de la Chine. Monsieur Li offre mes cadeaux à chacun d'eux alors que des fruits de mer arrivent sur la table : et je me retrouve avec un énorme homard dans mon assiette. J'ai envie de disparaitre sous la table de m'enfuir. J'ai horreur des fruits de mer, suis incapable de manger un homard avec des baguettes et j'ai en face de moi le responsable politique qui ouvre son cadeau... Le ou plutôt LA responsable. C'est une caricature vivante des films de James Bond. Une femme immense, une armoire à glace. Une femme-homme-machine. Et mon cadeau est encore plus ridicule dans sa grosse main. Lorsqu'elle regarde ma boule de neige représentant la Tour Eiffel, elle la retoune. Regarde encore et ne dit rien. Puis d'un seul coup en faisant trembler la table, elle se lève, prend son lève et hurle "campi!"...et nous trinquons. Je sens que mon cadeau lui a fait plaisir. Les autres aussi, quoique le chef de l'armée de Terre est trop préoccupé par son homard pour ouvrir son cadeau, le chef du tourisme de Dalian appel son aide pour lui remettre la bouteille de vin rouge (2,5euro) que je lui est offert. Et ces gens qui reçoivent de fortes sommes d'argent semblent honorés par des cadeaux minables...Les esprist se chauffent. Tout les invités boivent beaucoup. Je ne sais pas comment j'ai fait mais j'ai réussit à manger ma bestiole proprement. La chef politique attaque son poisson tout en parlant. Et c'est incroyable : elle croque la tête sans la mâcher. Au même moment elle parle. Lorsqu'elle ouvre la bouche, je peux voir sur sa langue la tête du poisson qui ouvre la bouche aussi... C'est écoeurant! Le chef du tourisme de Port Arthur demande l'autorisation de construire un immeuble de dix étages sur la côte protégée. 2ème Soeur qui a le pouvoir de statuer là-dessus lui accorde. J'ai un peu honte...c'est pour mon petit confort personnel que la cote si belle va être dénaturée ! Lorsqu'il a cette autorisation, il répond à 2ème Soeur que j'ai l'autorisation de visiter Port Arthur, d'aller à la poste...mais pas à la bibliothèque ! Curieux... Bon, je crois que je plais bien à la chef politique car elle invite les militaires à me donner des autorisations... L'armée de Terre appelle son aide, lui parle à l'oreille. Ce dernier repart. Puis l'on m'annonce que demain matin à 9h, une voiture officielle viendra me chercher pour me conduire...où je veux ! Il précise à 2ème Soeur en discutant avec le représentant de la mairie que je peux visiter les musées, les camps militaires japonais et russes...et aussi les souterrains qui, pour les visiteurs même chinois, n'exsitent pas...

L'AGENT 007... C'EST MOI !

Enfin un homme en costume-cravate entre et se dirige vers moi. Il s'incline et ouvre sa malette devant moi. Le chef de la Marine parle. Je ne comprend rien, trop impressionné. Mais je constate que les autres invités sont encore plus surpris que moi ! Il m'invite à prendre le CD-ROM qui se trouve dans la malette. Ce disque contient toutes les informations... sur la base nucléaire ! C'est le document qui est remis à tous militaires officiels invités. Mais ce n'est pas tout. Il m'informe que je suis invité à me rendre dans la base des sous-marins... Le responsable du toursime me fait apporter de la documentation sur Port Arthur. Le repas continue. Je ne sais même plus ce que je mange. Monsieur Li lui-même est déconcerté. Je dois trinquer plusieurs fois avec la chef politique.Puis brusquement elle se lève. Elle doit partir. Nous continuons le repas sans elle. La tension a baissée. Les invités semblent plus décontractés. Quelques tractations s'effectuent encore : l'un demande à 2ème Soeur de loger telle personne. Puis d'autres tractations entre les invités eux-mêmes.

Le repas se termine. C'est tout juste si j'ai pris conscience que j'ai mangé. Les invités partent. Après un court instant, nous faiisons de même. 2ème Soeur semble un peu dépassée aussi par ces autorisations. Nous rentrons à la maison. Nous discutons de ce qui va suivre. Demain, nous visiterons la ville, 2ème Soeur, Monsieur Li et moi. Nous ne savons rien pour l'instant de la visite de la base.

SUITE AU PROCHAIN ARTICLE !...

PHOTO : Je pose au bord de la mer. Tout semble calme. Derrière moi, le port militaire, au fond, à l'interieur du rocher, la base "secrète" sous-marine et à côté de moi, hors photo, deux militaires armés jusqu'aux dents.

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 30 septembre 2005

LORSQUE

PHOTO : Tonton mange ses nouilles... Un pont de glace à Harbin

DES MILLIONS DE PERSONNES PRENNENT LE TRAIN...

Nous sommes le 6 février, date à laquelle tous les chinois sont invités à voyager. Ce qui me rassure, c'est d'avoir déjà acheté mon billet de train, Monsieur Li s'est décidé à m'accompagner et la Mandchourie est la région à la pointe en ce qui concerne le train. Ici, les chinois, faute d'être discipliné, entrent par la porte...et non par les fenêtres comme c'est souvent le cas. Mais avant tout, il faut quitter Port Arthur. Hors de question de prendre le train ici car ce serai la panique bien que j'ai enfin obtenu des autorisations. Nous prenons le car jusqu'à Dalian. Une fois de plus les passagers tolèrent mieux ma présence une fois en dehors de la zone. Nous arrivons à la gare sans problème. Mais là, c'est un spectacle étonnant : une marée humaine s'engouffre dans les moindres espaces de la grande gare. Je vais vivre une drôle d'expérience : malgré ma taille et mon poids imposant, je ne peux plus bouger. Je suis porté par la foule qui se dirige d'un seul homme vers les quais. Je suis même soulevé! Durant quelques longues secondes mes pieds ne touchent plus le sol ! Monsieur Li s'éloigne de moi ; je crains que nous soyons séparé. Sur le quai, enfin, nous nous retrouvons devant le train. Bien que toutes les places soient réservées, les gens se bousculent pour monter en premier pour entasser rapidement leurs nombreux sacs, prendre leur aise sur la banquette ou tout simplement par habitude... Nous avons la chance de monter dans les premiers. Le hasard a fait que notre banquette soit à quatre places (parce que située à côté des contrôleurs) au lieu de six pour les autres. Alors que les bousculades, les cris et interpellations deviennent insupportables, le chef de wagon hurle. Tout le monde se tait. Je pensais qu'il mettait un peu d'ordre mais... Il sort une paire de chaussettes d'un sac en plastique et s'époumonne pour venter la solidité des chaussettes qu'il vend à un moindre coût ! Le bruit, les bousculades reprennent tandis que le chef continue à faire la démonstration de ses chaussettes : il demande à un passager de prendre le bout d'une chaussette et tire sur l'autre puis attache les extrêmités de chaque côté du couloir... ce qui oblige ceux qui continuent à monter dans le wagon à passer par dessus ou par dessous... Alors qu'un paysan s'engouffre avec de gros sacs, une jeune femme tire sa valise "Vuiton" made in China, puis deux contrôleurs distribuant des chaussettes à tous les passagrs assis ou debout dans l'espoir d'en vendre! Après dix minutes de pagaille, les contrôleurs récupèrent les quelques rares chaussettes n'ayant pas trouvé preneur. Le voyage s'annonce long puisque le train mais presque vingt heures de plus qu'un rapide de jour...mais beaucoup moins long et beaucoup plus confortable que les trains reliant des provinces éloignées du sud ou de l'ouest. Bien que nous soyons dans un des lieux de transports les plus visités de Chine, je ne voit aucun blanc. Nosu sommes pour l'instant seuls à notre banquette. Un jeune militaire s'assied de biais afin de me regarder... Il se réveillera plusieurs heures après, toujours en me regardant et sans avoir aucune marque de fatigue! Les contrôleurs, eux, sont très interessés par mes chaussetes... Le train traverse les plaines mandchoues. Il doit faire 10°c à l'interieur et très froid dehors...

ROAD MOVIE  : INTERROGATOIRE DANS LE TRAIN

Le cuisinier, un homme gros et drôle,  passe régulièrement dans les wagons en réveillant tout le monde, faisant un peu plus de zèle lorsqu'il passe devant moi, dans l'espoir de me vendre quelque chose, mourant d'envie de me parler. A l'aube, alors que nous approchons de la Sibérie, le train s'arrête, quelques passagers descendent. La porte ouverte laisse entrer un froid terrible et un enfant, âgé de neuf ans, d'une saleté incroyable, en haillons : short et tongs -une tenue d'été- par -40°c Je suis très surpris. Lui aussi. Il s'assied juste à côté de moi, espérant que personne ne le remarquera. Le train repart. J'ai très envie de lui donner un pull, à manger à cet enfant mais je sais qu'il ne faut pas. Lorsque le cuisinier passe, il s'assied en face de lui -à ^coté de Monsieur Li-. Il discute avec l'enfant : sa mère a osé divorcer et a donc perdu sont travail et l'enfant son école. Depuis, il longe les voies de chemin de fer en quete de ferraille à revendre...même lorsqu'il fait -40°c... Il descend à la gare suivante.

Nous arrivons à Harbin, la capitale du nord. Nous sommes en fin de matinée. Nous avons déjà froid parce que fatigués, mais dehors, il fait -48°c Nous devons trouver un logement rapidement et à pas cher surtout que comme Monsieur Li est chinois et moi français, nous n'avons pas le droit de dormir dans le même lit...et devons prendre une chambre double, glaciale puisque les fenêtres sont très vieilles... Nous préférons aller déjeuner de suite pour nous réchauffer. Nous trouvons un restaurant hui servant du chien bouilli. Cette ville, très russe est étonnante car le mobilier urbain, les petits ponts sont construits...en glace ! et donc provisoirs... Le fleuve gelé offre une aire de jeux pour les enfants qui jouent avec des toupies et des luges. Nous visiteront aussi le lendemain l'exposition-concours dont le thème est les monuments du monde. Pour la France, un immense arc de triomphe.

PU YI LE DERNIER EMPEREUR

Lorsque nous quittons Harbin, nous nous arrêtons dans la ville qui abrit le dernier palais de Pu Yi. Ce haut lieu historique est signalé nulle part... Nous nous perdons et traversons une Chine d'une autre époque. Monsieur Li préfère m'attendre dehors, plus interessé par les poissons rouges du bassin que par Pu Yi. Les photos de propagande qui sont exposées dans les salles sont très violentes.

ARMEE DE TERRE, ARMEE DE MER, CHEF POLITIQUE DE LA REGION...

Monsieur Li reçoit un appel téléphonique lorsque nous visitons Shenyang. Nous sommes attendus le lendemain soir pour un dîner au restaurant à Port Arthur avec la marine, l'armée de Terre, le chef du bureau politique et le chef du tourisme de Dalian...

SUITE AU PROCHAIN ARTICLE !

n.b. les photos sont en ligne quelques joursaprsè les articles...

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 29 septembre 2005

NOUVEL AN : OBLIGATION DE NE RIEN FAIRE !

Nous sommes le 03 Février et c'est le Nouvel An chinois. Il fait -22°c. Aujourd'hui, toute la famille est présente. Nous passons la journée à manger...beaucoup manger, boire et jouer. Rien d'autre! A minuit, nous nous sommes souhaité la bonne année : pas très réjouissant!  En fait, ce sont les plus jeunes qui souhaitent une bonne année aux plus vieux et cela n'a rien de festif... Tonton s'est présenté devant sa grand-mère, s'est incliné et a dit cérémonieusement "Grand-mère je te souhaite une bonne année, une bonne santé"... et ainsi de suite!

9ème jour

Aujourd'hui, commence la cérémonie des visites. Toute la semaine, ce sera un défilé de gens présentant leurs voeux à la famille Li. Tout d'abord la famille très proche, puis plus générale. Enfin, les jours suivants, la famille lointaine, les amis... Les enveloppes circulent : les plus vieux donnent aux plus jeunes (il y a quelques variantes à ce sujet selon les régions). Tonton reçoit une enveloppe avec un peu plus de 1000 yuans de la part de sa tante (soit environ 140 euro!). Mais il recevra bien plus par d'autres personnes...Pour une famille pauvre...

RAVIOLIS-DRAGONS

Pour ce repas, les raviolis ont la forme de dragons...c'est superbe! trois seront en sucre...cela porte chance et les enfants en seront les chanceux destinataires...L'après-midi, les parents sont couchés et les visites commencent...Tonton ayant reçu des pétards en cadeau se précipite dehors.

L'après-midi, Première Soeur me demande de l'aider à mettre les nouveaux papiers porte-bonheur. Toute la famille a revêtu un vêtement rouge. Weii-Wei est entièrement recouverte. Nous mettons des poissons sur la porte d'entrée (en chinois, inversé, cela signifie "bonheur"), des papiers rouges au-dessus de la porte, des noeuds rouges aux poignées, des épis de blés en plastique dans la cuisine.

SOUS LA TABLE !

...Et c'est la panique. Les soeurs de Père Li arrivent. Ce sont des communistes acharnées et anti-occidentaux. Et c'est presque une pièce de théatre, un vaudeville qui se joue : je ne peux m'isoler dans une chamrbe puisque les murs sont vitrés. Je me glisse alors sous la table du séjour qui est recouverte d'une longue nappe blanche en dentelles. J'arrive à les voir et à les entendre : ce sont ces femmes que leur mari corrompu et odieux entretiennent . J'ai l'impression d'être à la Gestapo! Arpès un moment, elles partent. La visite suivante est insolite : c'est l'ex-mari de Première Soeur qui vient présenter ses voeux. J'entre dans la chambre parentale. Mère discute avec son frère, sur le lit. Deuxième beau-frère fait l'inspection du sac à main de Mère, L'ex-mari discute avec père, assis par terre au pied du lit, Li et Tonton dorment à la place de Père... Puis les visites s'enchainent. Lorsqu'il s'agit de la famille de Père, il est préférable que je me glisse sous la table...

J'ai hâte d'être le 06 février car je m'imagine mal passer une semaine enfermé à ne rien faire ou à me cacher sous la table...Ce soir, avec Monsieur Li, nous retournerons dehors faire brûler du papier et demander aux morts de partir... Le repas préparé pour eux dans la cuisine et la bougie allumée à leur attention (pour les guider dans le noir) sera éteinte.

AUTORISATION MILITAIRE !!!!!

Deuxième Soeur m'apprends que je vais bientôt pouvoir visiter Port Arthur, ayant eu l'autorisation! Et effectivement, je pourrai visiter bien plus que ce que les chinois exu-même ne pouront voir...Mais ce sera dans quelques jours, à mon retour de voyage en Mandchourie...

PHOTOS : ravioli dragon et papiers porte-bonheur au dessus de la porte

SUITE AU PROCHAIN ARTICLE !

 

 

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 14 septembre 2005

7h00

Réveil en musique avec les policiers dehors,...et?...et !!! et 1er Beau-Frère qui cuve presque dans mes bras en ronflant très fort. Sa femme, elle, dort dans l'autre lit avec Monsieur Li (son frère) et Tonton (leur neveu)...Bon, tout va bien quoi! Aujourd'hui est une journée particulière car nous devons tout nettoyer, arracher les vieux papiers...afin que tout soit propre pour le nouvel An, c'est à dire demain. Lorsque nous nous levons, je ne vais pas saluer les parents car aujourd'hui...ils se lavent! Après le café, les restes de raviolis, choux blancs, huitres et cacahuètes, 1er Beau-Frère et sa femme commencent à laver partout enfin, surtout sa femme. Puis, rapidement, toute la famille arrive sauf 3ème soeur, mari et Wei Wei qui sont dans leur Belle-famille. Une partie de Mah-jong commence. Tonton descend racheter des litres de bière. Je profite de ce moment pour interroger Monsieur Li sur son enfance. Il a été un élève studieux, bon en sport et en éducation politique. Ce qui fait qu'il était toujours assis à la première table de sa rangée, place désignée pour le chef de la rangée, une sorte de petit garde rouge. Monsieur Li a une voix très particulière ; il aurait pu chanter de l'opéra chinois. Il était chargé de chanter le midi des chants révolutionnaires pour encourager les travailleurs dans les champs. A l'époque il habitait à l'emplacement du port commercial de Port Arthur, autrefois un petit village. Ce qui l'a arrêté, c'est une annecdote curieuse...Il avait six ans.

CHANT REVOLUTIONNAIRE ET EPI DE BLE;

Un midi, il se rend dans les champs voisins de l'école avec sa gamelle pour le repas. Il entame un chant, recule lentement, se baisse légèrement...Encore à son âge, il avait une culotte trouée (encore en usage en Chine). Et  se plante un épi de blé dans les fesses! Honteux, furieux que les travailleurs-paysans rigolent, il n'a plus jamais chanté...Mais il est toujours bon en sport, en politique et toujours aussi têtu obtu et rasant. Je lui demande s'il peut de nouveau chanter pour moi. Il accepte à condition que je ne l'enregistre pas...et je ne peux pas tricher. Debout sur le lit, il chante, fort, dans son collant en laine orange. Le ridicule ne tue plus, heureusement... Mais c'est très interessant et regrette de ne pas pouvoir l'enregistrer.

VILLE EN DERANGEMENT POUR CAUSE DE BAIN

11h45 Déjeuner. Puis 1ère Soeur me demande de l'aider. Nous passons plusieurs heures à décoller tous les papiers porte-bonheur sur la porte d'entrée, les fenêtres car de nouveaux, presque identiques les recouvriront demain.Dans l'escalier, nous croisons un voisin qui nous regarde de travers. La famille Li le paiera très cher par la suite... Deuxième Soeur arrive. C'est à ce moment, dans la rue, que passe une cohorte entière de militaire, en tongs, une serviette à la main. Ils vont tous se laver...C'est pour cela qu'il y a eu de nombreuses coupures d'eau ces derniers jours, parce que toute la ville se lave!

SOIREE DU NOUVEL AN... MES AMIS : DE LA PRISON A LA TELE !

Mère et les Soeurs passent leur après-midi et début de soirée à confectionner le repas du Nouvel An. Il y aura beaucoup de raviolis, une fondue chinoise.

18h Il fait nuit noire. Li m'invite à sortir avec lui, un briquet et du papier à la main. C'est un moment que l'on ne peut oublier. Dans la rue, nous ne sommes pas les seuls. Un peu partout, des gens font le même geste que nous : allumer un petit feu pour inviter les morts à notre table. Déjà, quelques pétards fusent.

19h C'est réveillon! Nous dînons à 19h au lieu de 17h... Repas vite avalé car nous avons rendez-vous avec la télévision pour la grande soirée retransmise en direct sur toutes les chaînes!

20h30 Nous sommes une bonne dizaine sur le lit deux places des parents pour suivre confortablement la soirée télé...assez heurtant pour un occidnetal. Tous les représentants de l'Etat et de l'armée sont présents. Mais avant cela, la première demi-heure est consacrée à la région Mandchoue où tous les principaux responsables présentent leurs voeux. A une ou deux exceptions pretes, je vais tous les rencontrer dans les jours à venir...Je reconnais notre sapin de Noël responsable de la police de Port Arthur (que j'avais vu en collant moulant), l'industriel et son abattage de porcs qui passe dans les premiers (mais cette fois-ci en costume noeud-papillon). J'apprends qu'il a passé 24h en prison pour interrogatoire, dénoncé par ses employés présents lors de ma visite...Il a argumenté que j'étais interessé pour investir un million d'euros dans sa société! Puis la soirée où se succède des spectacles, danses et chants communistes... L'un de ces numéros sera récompensé le lendemain par vote. Cette année, ce sera ce jeune couple venu chanter avec leurs enfants (encore très petits), lui taiwanais, elle chinoise, pour se réjouir de la réunification prochaine de Taiwan et de la Chine... Bref, jolie soirée!

BRUIT ASSOURDISSANT : IMPOSSIBLE DE PARLER : PLUSIEURS CENTAINES DE MILLIERS DE PETARDS... JOUR EN PLEINE NUIT

A partir de 23h30 et jusqu'à 0h30, bien que nous soyons collés les uns aux autres, il est impossible de nous parler tant le bruit des pétards est assourdissant. Je n'avais jamais été exposé aussi longtemps à un bruit aussi violent. A 1h du matin, je sors dans la rue avec Li. C'est un spectacle devenant rare en Chine car les pétards de cette ampleur sont maintenant interdits dans les villes (même à Pékin!). Le bruit a cessé d'un seul coup, ce qui est presque aussi gênant! Mais le plus étrange est qu'il va faire jour durant plusieurs heures. Un épais brouillard blanc recourve toutes les rues et l'air est à peine respirable...

SUITE DE L'ARTICLE ET PHOTO BIENTOT !!!

par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 8 septembre 2005

7h15

CONTROLEUR FRANCAIS POUR PASSAGERS CHINOIS

Monsieur Li vient dans ma chambre, sans bruit, pour me réveiller. Nous devons nous dépêcher car aujourd'hui nous allons à Dalian. Pas le temps de prendre un petit déjeuner car le bus qui passe devant la maison ne va pas tarder. Le ventre vide, avec -26°c dans l'attente... Le bus arrive, nous montons : comme le chauffeur est le frère du beau-frère de Li, qu'ils montrent aux passagers leurs liens, ceux-ci n'osent pas protester de ma présence. Nous passons par les terrs ce qui signifie plus d'arrêts et de paysans à ramasser. A peine entré dans la zone "libre" que Li me donne une antique caisse-poinçonneuse de tickets et me charge de vendre les billets. Cela amuse beaucoup les passagers mais certains en profitent pour resquiller. Après une heure trente de route, nous entrons dans Dalian. Il fait furieusement froid aujourd'hui -30°c en ville. Nous allons dans un restaurant qui se compose...d'une table avec un maximum de...deux couverts! Mamie-serveuse avec son masque chirurgical nous donne notre soupe commandée. Puis nous marchons jusqu'au port et enfin la gare ou nous devons essayer d'acheter un billet de train. Li consulte les horaires sur un immnese panneau. Il reamrque un rapide Dalian-Harbin en quelques heures... Je l'implore de prendre le train le plus lent, soit vingt-huit heures, afin de profiter du voyage...par experience, ce sont les moments les plus interessants! Habitué aux attroupements devant le guichet, je tends mon bras et hurle derrière la vitre tout en lui glissant un papier avec la demande écrite. Nous marchons dans la ville. Dans une grande surface style "fnac", je trouve des livres-cartes, sortes de cartes de crédits plastifiées en acordéon, avec du texte et des illustrations. Celles-ci sont numérotées, très prisées et très chères. Celles concernant le communisme sont déjà indisponibles...

PREMIERE NUIT A... L'HOPITAL!

Li m'informe que le père de Deuxième Beau-frère que nous avons visité est à l'hôpital de Dalian... Nous devons aller le voir. Nous prenons un tram qui n'a rien a envier aux notres... Je remarque que les bus, ici, sont à étage. Nous nous arrêtons dans le Nord, non loin de la plage où a été reproduit un semblant de château de Walt Disney! A l'hôpital, je rentre sans problème bien qu'étant le seul blanc. Nous arrivons à l'étage du malade, entrons dans sa chambre. Là nous retrouvons notre chinoise qui m'avait préparé de bons plats... Elle nous informe dans le couloir qu'il va être certainement opéré et qu'il vaut mieux verser de l'argent pour que l'opération se passe bien. La chambre n'est certainement pas aux normes européennes. La nourriture étant apportée par la famille, il y a beaucoup de monde dans les couloirs après 17h. A 21h, nous sommes toujours là. Je descend acheter quelques petits pains. Li va chercher du thé. Nous dînons dans la chambre où le malade, déjà, dort. Nous ne pouvons pas rentrer car à cette heure, il faudrait la présence de deuxième soeur pour entrer dans Port Arthur... Nous allons donc passer la nuit ici! Je me couche dans un lit de malade, dans des draps qui ont déjà servi...et avec mes chaussures!!! Li me le conseil car sinon, elles peuvent disparaitre dans la nuit!

Le lendemain très tôt, l'infirière me réveille car elle a besoin d'un lit pour un malade. Je sros du lit avec mes chaussures sales. Elle ne change pas les draps. Je commence à ne plus supporter d'être enfermé etLi m'annonce que l'on ne rentrera que cet après-midi! Je décide de sortir. Je longe la mer pour entrer sur la plage : 10yuan ! Un tourniquet passé, une grande dalle en beton recouvre le sable. Un manège d'un autre âge, des stands de nourriture fermés, des gradins sommaires en beton, des poteaux électriques qui traversent la plage, juste en bord de mer... franchement, ca vaut le coup d'oeil...Ici la mer aussi est gelée, il fait un peu plus chaud ce matin -18°c. A midi, je retourne à l'hôpital : une vraie cour des miracles. Je retrouve Li. Nous allons prendre le bus pour rentrer.

14h CHINOIS PAS CONTENT

Bien qu'essayant de me faire discret, ma présence gêne puisque le bus se dirige vers Port Arthur. Nous prenons la côte

CURIOSITE GEOPHYSIQUE

La situation de Port Arthur présente une curiosité naturelle géophysique étonnante. Généralement, en montagne, les chinois coupent le moteur pour descendre une route afin de faire des économies. Mais à certains endroits de cette région, il faut au contraire pousser le moteur pour descendre ! En effet, la pression terrestre ici est -légèrement- inversée... Cette grande route, digne de nos autoroutes (Le Liaoning est une région à la pointe des infrastructures de transports) présente une autre curiosite...

CURIOSITE : UN ARBRE AU MILIEU DE L'AUTOROUTE

Lors de la construction de la route, les arbres ont été coupés en masse. Hors, l'un d'eux -est-ce une légende?- aurait "saigné" : une sève rouge aurait coulée. Il a été décidé de ne pas y toucher. Depuis, la route (3x3 voies) fait un virage très serré pour contourner l'arbre, unique...

PORT ARTHUR : VILLE INTERDITE !

Le bus freine. Le chauffeur exige que nous descendions car nous sommes près du premier tunnel, l'entrée en zone interdite. Li utilise son portable pour appeler un taxi et Deuxième Soeur. Après un long quart d'heure, Deuxième Beau-frère nous téléphone et nous conseille d'aller à la gare de X..., proche de là pour prendre le train de 17h25. Le taxi nous enmène. Arrivé dans la petite gare, les gens nous observent. Il n'y a aucun problème pour acheter un billet de train pour Port Arthur. Mais nous devons attendre 17h25. C'est le cousin de Deuxième Beau-Frère qui est contrôleur. Il fait évacuer une banquette dure pour nous placer. Non seulement les gens sont stupéfait de me voir entrer en zone interdite mais en plus, discuter avec un contrôleur et en chinois! Arrivé à Port Arthur. Certainement  un des lieux les plus dangereux pour moi. C'est une petite gare magnifique, russe, tout en bois. Mais pas le temps de trainer. Nous hâtons le pas pour rentrer.

SUITE TRES BIENTOT !...

Photo : une table posée sur le lit pour jouer!

 

 
par YETIDEVILLE publié dans : PORT ARTHUR
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus