PREMIERE VISITE DE PORT ARTHUR...
6h45. Je reçois un coup de poing sur la tête. Je me réveille en sursaut et trouve monsieur Li dans mon lit ; il s'est retourné et m'a frappé dans son sommeil. Tonton est déjà debout et joue avec son avion fabriqué avec des pinces à linge.Bientôt la musique de la gymnastique du commissariat va retentir. Je me lève et ouvre le robinet d'eau chaude. Ce matin, je suis bien décidé à me laver. Pas d'eau chaude mais j'arrive tout de même à prendre une douche...froide. 7h00 2ème Soeur arrive avec son mari. Ce matin une voiture doit venir nous chercher mais on n'en sait pas plus. Le temps passe, dans une attente interminable. Je prends un café avec des gâteaux que 1ère Soeur a acheté : Monsieur Li lui a expliqué qu'à Paris l'on ne mange pas des pieds de porc tous les matins. 9h. On frappe trois coups secs à la porte. Un homme en uniforme, képi et gants noirs se présente et nous demande de le suivre. Nous descendons les escaliers et trouvons une grosse voiture noire digne d'un chef d'état aux vitres blindées et fumées garée devant l'immeuble, dans l'indifférence générale. 2ème Soeur monte devant, moi et 2ème Beau-frère derrière. Le chauffeur me demande si je veux aller à la poste pour envoyer des cartes postales. Nous nous y rendons : elle se trouve à peine à deux minutes. Curieusement, il semble que je sois attendu : deux militaires armés de mitraillettes m'accompagnent à l'intérieur de la poste et ils ne sont pas là par hasard. Je choisis mes enveloppes et cartes postales (beaucoup sont gardées en souvenir et non envoyées). Alors qu'il est interdit de photographier la ville, l'on m'autorise à choisir des enveloppes et cartes représentant la ville... J'écris à une table, les mitraillettes pointées sur moi...l'idéal pour se concentrer. Ce qui est incompréhensible, c'est que personne ne relis mon courrier ou contrôle ce que je fais. Mais après que l'employée, stressée par ma présence ai traité ma demande, le chauffeur lui donne des directives. A mon retour en France, je me suis rendu compte que toutes mes cartes sont arrivées à leur destinataire mais en plus en quatre jours seulement!
CAMPS RUSSE ET JAPONAIS
Nous sortons de la ville pour rejoindre les sommets des collines. Nous nous dirigeons vers le camp russe puis japonais utilisés lors de la seconde guerre mondiale. Axu barrières délimitant les camps, un garde se présente à la voiture. Le chauffeur lui montre son laissé-passé, pour que je puisse entrer. L'un des gardes se montre hostile et il faudra appeler un responsable militaire. Ces camps présentent surtout un interêt pour une belle promenade et une vue panoramique sur la région. Des canons pointés sur Port Arthur côté russe et un gros obus côté japonais en souvenir. Alors que côté japonais le chauffeur nous laisse visiter seuls, il nous précède pour le côté russe qui présente plus de curiosités puisqu'il reste encore des bâtiments. Il nous invite à franchir une chaîne interdisant l'accès au public, au-delà de l'ancien hôpital. De ce passage, l'on débouche sur d'impressionnantes salles souterraines qui, officiellement, n'existent pas. Elles sont vides mais en bon état. Après cette visite, nous nous arrêtons au musée historique. Une grande salle où est reconstituée une maquette de la ville, présente le déroulement de la bataille de Port Arthur. Cette salle n'accueille pas de visiteurs et je prends le risque de faire des photos. Au mur, des photographies de l'époque : bataille navale, canons, soldats...mais rien sur les civils.
VIVARIUM
Nous nous rendons près du Port militaire. Deux motos de la police nous précèdent. Nous nous arrêtons près d'un immense parking. Des instructions sont rapidement données. Sifflets, c'est la panique. Des gardes hurlent pour que les employés et visiteurs ne sortent pas dehors. La voiture s'arrête à l'entrée d'un grand bâtiment. Devant moi, un policier demande si le public a bien été évacué. Heureusement, il n'y a pas grand monde en semaine. Les hôtesses d'accueil -toujours nombreuses en Chine- ainsi que les caissières sont invitées assez brusquement à s'enfermer dans les bureaux. Tout cela se passe assez vite. Enfin, lorsque le bâtiment est entièrement déserté, l'on m'autorise à entrer. Je ne sais pas encore où je suis ! 2ème Soeur me dit que je peux visiter le centre. Je me souviens alors d'avoir dit à Monsieur Li d'une façon très anecdotique de vouloir visiter le vivarium... C'est l'un des plus important du monde. Dans un immense hangar, d'une hauteur de cinq étages, une colline sur laquelle sont éparpillés des centaines de serpents. Alors que nous nous faufilons le long des vitres, observant les espèces les plus rares aux plus venimeuses, le téléphone de 2ème Soeur sonne. C'est 1er Beau-frère, îvre, qui demande que nous rentrions parce qu'il a faim... Il est 16h30. Nous n'avons même pas déjeuné le midi...Et la visite doit s'interrompre. Les souhaits de 1er Beau-Frère, même îvre sont des ordres...La voiture nous dépose à la maison.
SUITE AU PROCHAIN ARTICLE... LES PHOTOS SONT AJOUTEES UN PEU PLUS TARD...
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